Entrevue : Association Polyphone

Clara et Elsa

Clara et Elsa, pouvez vous nous raconter votre histoire et votre rencontre autour de votre association ? D’où vient son petit nom et quels sont ses objectifs ?

(Elsa) Avec Clara on s’est rencontrées en seconde au lycée. Nous n’avons pas vraiment fait les mêmes études, mais elles sont parallèles. De mon côté j’ai fait un master en histoire de l’art et un master en études cinématographiques à Stendhal. Clara a fait un master aux beaux arts à Grenoble et on a toutes les deux terminées il y a un an.

Nous nous sommes toutes les deux retrouvées quelques mois plus tard avec l’envie de réaliser un projet, l’idée de l’association a très vite pris forme : association que nous avons appelée Polyphone, créée en janvier 2015.

L’idée de cette association c’est de partir d’un point de départ qui soit réel ou imaginaire, et de demander aux personnes qui sont dans le lieu du tournage de témoigner et de créer des récits, des histoires collectives qui donneraient naissance à des légendes urbaines, avec plusieurs voix qui se croisent et parlent de la même chose, mais qui ne sont pas toujours d’accord sur ce qu’elles racontent.

Polyphone

Nous jouons sur les cohérences et les incohérences. À chaque fois sur les tournages nous rencontrons plusieurs personnes, soit en passant par des associations ou des centres comme le CCAS, des centres sociaux de la ville ou des personnes que nous rencontrons dans notre quotidien. Après une première rencontre, nous essayons de trouver la forme de participation qui conviendrait le mieux à la personne qui souhaite mettre sa pierre à l’édifice.

Des tas de solutions sont possibles, ça peut être soit des témoignages oraux, filmés ou non, soit des petites mises en scène théâtrales, qui peuvent être imaginées en quelques jours, soit des dessins…

Tout ce qui peut composer les souvenirs d’une personne en somme ?

Oui, tout à fait. Et aussi ce qui fait la spécificité de cette personne. L’idée, c’est qu’à partir de ces témoignages nous construisons un film. Mais avant ça, l’idée c’est aussi de faire vivre le projet. Après, ce que nous faisons à partir des contributions que nous avons récoltées pendant les moments de tournage devient un matériel de montage, mais le projet peut prendre différentes formes (l’idée qui revient souvent est le format du film). Mais ce que nous sommes en train de réaliser à Grenoble va aussi prendre la forme d’un livre. Ce livre sera composé d’images que nous avons réalisées pendant le tournage, et aussi des textes qui ont pu être écrits par d’autres personnes. On a mis par écrit les différentes pistes sons que nous avons pu récupérer. Ce qui est important, c’est qu’une fois que le projet est fini, nous organisons des moments de restitution avec toutes les personnes qui ont participé au projet, qui ne se sont pas nécessairement croisés au moment de sa réalisation.

Dans vos activités vous êtes essentiellement axées sur le voyage, la rencontre et l’échange culturel ?

Oui. Au niveau du voyage nous avons un projet qui est à Madrid, nous sommes toujours entre l’Espagne et la France.

Pour vous ça veut dire quoi ?

Elsa a vécu quatre ans en Espagne. Depuis que nous avons créé l’association, nous avons fait le premier mois à Grenoble, deux mois à Madrid, puis nous sommes revenus à Grenoble trois mois…

Et donc votre prochain voyage est en octobre ?

Oui, à Cuenca en Espagne, pour un nouveau projet. Nous avons été sélectionnées pour une résidence artistique, et nous avons un mois pour créer un projet avec les gens du quartier.

Vous avez été sélectionnées par le quartier ?

C’est une résidence artistique qui s’est créée là bas, à partir d’un centre d’arts qui existait déjà dans le quartier, et de personnes qui travaillaient au centre culturel de la mairie. Ils ont lancé un appel à projets, nous avons participé et avons été sélectionnées !

Quel est le projet que vous êtes en train de réaliser à Grenoble ?

Le projet que nous sommes en train de réaliser à Grenoble s’appelle « Pour boire, il attendait la pluie » (voir sur Facebook). Nous avons inventé le point de départ : il s’agit d’un personnage qui serait né à Grenoble. Il y aurait vécu pendant des années, et à un moment il aurait décidé de quitter la ville et de s’installer dans les montagnes afin de devenir ermite. Ce qui nous intéresse, c’est que c’est un ermite « métaphorique ». Concrètement, ce que nous faisons c’est que nous rentrons en contact avec des associations déjà « formées », et nous définissons avec elles un mode de travail. Dans le même temps, d’autres personnes viennent nous voir en étant intéressées par ce personnage d’ermite.

Tous les gens qui ont réagi jusqu’à maintenant ont eu un moyen différent de participer, que ce soit des gens avec une pratique artistique, ou non. Le conteur avec qui nous travaillons par exemple, a vraiment une pratique d’écriture. Ça a ainsi influencé la place qu’il prendra dans l’histoire. Quant à ceux qui n’ont pas de pratiques artistiques, elles prendront donc une autre place.

Étant donné que l’article est à destination d’étudiants, quels types de profils seraient intéressants ?

Pour l’instant, nous travaillons avec une compagnie théâtre étudiante qui s’appelle « Les rêves arrangés », à qui nous allons demander de faire une mise en scène de l’ermite. Il y a aussi une jeune fille qui nous a proposé de faire des dessins, car elle était intéressée par le challenge. Ce n’est pas tellement un profil particulier qui nous intéresse ! Après le « problème », c’est que les plus réactifs ont souvent un profil artistique. Mais un profil d’école de commerce pourrait tout à fait nous intéresser aussi. L’important c’est de savoir ce qu’il veut amener. Mais en général, ça se décide tout seul. Quand les gens viennent, ils s’investissent dans le projet.

Qu’est-ce que vous allez faire sur Campus En Fête ?

Nous serons présents sur le village associatif ! Le mercredi, l’idée générale serait de faire une sorte de photomaton. Car ce que nous avons oublié de préciser, c’est que lorsque les gens nous racontent quelque chose sur leur mythe, en général on les filme et ils mettent une veste (qui est celle de l’ermite). Donc ce que nous allons proposer, c’est de leur faire mettre cette fameuse veste et de faire des participations très furtives. Le but du jeu est également de communiquer sur le projet.

Je suppose qu’étant donné que vous voyagez, vous avez sûrement un blog !

Oui, l’adresse est polyphonevideo.wordpress.com

Est-ce que vous auriez un petit mot à dire aux personnes qui vous liraient, et quelle est votre adresse ?

Nous invitons les gens à venir rencontrer l’ermite ! Car le but du jeu est d’être le plus nombreux / nombreuses possible!

Pour les contacter, c’est ici !

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Publié dans 2015, Entrevues
One comment on “Entrevue : Association Polyphone
  1. […] septembre 2015 – Merci à SEVE et l'organisation de Campus en Fête, Kévin en particulier, pour l'article ! 12 de septiembre de 2015 – Gracias a la asociación SEVE y al equipo de organización de Campus […]

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